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Freedom 7

Redstone Rocket w/ Mercury Spacecraft


Dragon 1/72, Réf. 11014


 Toujours à la recherche de sujets originaux, mais aussi de kits ‘faciles‘ pour me détendre entre deux projets plus ambitieux, il me fut impossible de résister à la fusée Redstone-Mercury au 1/72 de Dragon; la boite date de 2012, fait partie d’une série de kits d’engins spatiaux qui dans l’ensemble ont une excellente réputation au niveau de leur qualité. Un certain nombre d’entre eux faisaient d’ailleurs déjà partie de mon ‘stock‘.



25 pièces (le kit en compte plus mais toutes ne doivent pas être utilisées pour la réalisation de cette combinaison Redstone/Mercury), quatre couleurs et les ‘damiers‘ de la partie supérieure du booster donnés sous forme de décals, cela semblait être le kit parfait pour un week end pluvieux.


Cela aurait pu être, en effet, mais un peu de recherche en ligne et le visionnage de quelques vidéos sur YouTube montrèrent que Dragon avait pris pas mal de raccourcis…


Voyons cela en détail:


Afin de faciliter les opérations de peinture, il est tout d’abord recommandé de travailler en sous-ensembles; le premier est la base du booster (piece B4); le second le reste du booster (pieces B1, B2 et B3); le troisième la capsule Mercury; le quatrième la fusée de sauvetage sur son bâti.


Peu de choses à dire sur ce dernier ensemble, même si son montage demande un peu de patience. Le câblage pourrait être aminci, certes, mais tel quel, ne choque pas. Seule la tige supportant la pointe conique (pièce A10) est remplacée par une autre de section plus fine et surtout plus rigide (le plastique est assez tendre).  Un détail important toutefois: placer cet ensemble tel quel au-dessus de la capsule sera assez délicat plus tard et il est donc recommandé de raccourcir les trois ‘pattes‘ de la pièce A9 devant normalement s’insérer à l'intérieur du bâti. L’ensemble est peint en rouge à l'aérographe; une très légère patine fait ressortir un peu les détails, et cet ensemble est mis de côté pour plus tard. 

La capsule telle que fournie dans le kit n’est utilisable que pour le second vol sub-orbital américain de Gus Grissom (mission Mercury-Redstone 4 – MR4 – capsule Liberty Bell 7 avec le booster portant le sérial MR8, marquages en partie présents sur la planche de décals Dragon).


Pour le premier vol sub-orbital américain (avec un humain à bord), celui de Alan Shepard (mission MR3, capsule Freedom 7 avec le booster MR7 - l’option principale offerte par Dragon -), il est nécessaire de modifier la porte d'accès pour qu’elle soit bien lisse, remplacer la fenêtre allongée juste à gauche de cette porte par une section ‘non-lisse‘ et percer deux petits hublots. En perçant de petits trous tout au long du périmètre intérieur de la porte du kit, il est possible de récupérer juste assez de cette porte pour combler le vide créé par la suppression de la fenêtre. La nouvelle porte est faite de en carte plastique. Les deux hublots sont placés sur des sections lisses de la capsule: du Milliput peut être utilisé afin de reboucher les ‘rainures‘, ou l’on peut aussi utiliser une très fine feuille de plastique pour recouvrir les deux aires en question; les hublots sont ensuite percés. Afin d’eviter un ‘see-through‘ disgracieux, de la feuille de plastique peinte en noir est insérée entre les deux hublots à l’interieur de la capsule. Reste alors à ajouter une kyrielle de rivets manquants sur la capsule de Dragon. Trois options: l’utilisation de décals en relief (pas des plus aisé sur une surface conique!), l’utilisation d’un outil type ‘Rosie the Riveter’ (c’est pas fort grand, il faudra être très, très précis!) ou l’utilisation de peinture dimensionnelle pour tissus (ma technique de prédilection). Le plan de montage du kit Mercury Redstone d' Horizon Models, disponible sur le net, offre une représentation ‘cartésienne‘ de la surface de la capsule ou l’on peut voir l’emplacement de ces rivets, et bien d’autres détails tels que la position exacte des hublots.. Une fois cette capsule peinte et marquages ajoutés (un seul Freedom 7 requis), ces hublots sont remplis de Krystal-Klear (ou un produit similaire). La capsule est peinte en gris tres foncé, avec un lavis noir et un léger brossage plus clair. Attention, pour la capsule de Grissom, il faudra dénicher deux petits drapeaux US, manquants sur la planche de décals Dragon.

La partie inférieure du booster, supportant les ailettes, demande, elle, pas mal de travail. Les joints entre les ailettes et le booster sont un peu pauvres mais sont surtout forts simplifiés par Dragon: des carénages ‘Karman’ doivent être ajoutés des deux côtés de chaque ailette. Un travail à faire au Milliput (ou produit similaire) afin de travailler dans le frais et de s’éviter un laborieux travail de ponçage. Deux ‘cadres‘ manquent de part et d’autre du booster (ici, il devient important de ‘numéroter‘ chaque ailette en fonction de leur position autour du booster - 0, 90, 180 et 270 degrés – afin de s’y retrouver lors des modifications et pour le positionnement des éléments supérieurs de la fusée). Ces ‘cadres‘ se trouvent entre les ailettes 0 et 90 degrés, et entre 180 et 270 degrés ; leur forme est assez particulière. Ils sont découpés dans de la carte plastique fine puis collés. Ce qui semble être une rainure anti-pluie se trouve au-dessus de chaque cadre. Un petit rectangle est aussi ajouté en-dessous de chaque cadre. Une ouverture rectangulaire doit être percée près du bord supérieur de cette section de booster entre les ailettes 0 et 90 degrés; bouchée par un petit morceau de carte plastique placé à l'intérieur du booster, cette cavité reçoit en son milieu une petite pièce ronde et plate. Entre les ailettes 270 et 0 degrés, on peut discerner en haut à gauche (près de l’ailette 270 degrés) trois petites trappes que j’ai représentées avec des morceaux de carte plastique fine. Entre les ailettes 90 et 180 degrés, et 270 et 0 degrés, on ajoute tout en bas deux petits sabots mis en forme dans une feuille plastique un peu plus épaisse (photos 8 & 10). Tout autour du booster et sur les ailettes, une autre kyrielle de rivets à ajouter attend les plus courageux. Le plan de montage Horizon Models est ici encore une fois d’une aide infinie!


Dérivée de la fusée V2, la Redstone compte aussi une ligne de fines ouvertures rectangulaires sur toute sa circonférence au niveau du raccord entre la partie booster/ailettes et le reste du booster. Creuser cette série de dépressions est une opération difficile… Dragon nous permet toutefois de réaliser - en trichant un tout petit peu - cette série d’ouvertures: en effet, il suffit d'insérer de petits bouts de plastique de 1/2mm de haut dans la rainure destinée à recevoir le haut du booster pour effectivement et tout simplement créer cette ligne de dépressions (photos 7-10). Certes, cela augmente la hauteur de la fusée d’autant, mais c’est tout à fait imperceptible!


Si la tuyère de la fusée est pour ainsi dire invisible, il est possible de distinguer certains autres détails présents en-dessous de la fusée; certains documents semblent montrer des caches réalisées dans un matériau flexible de couleur aluminium mat (amiante?).  Ils sont réalisés en bouchant les renfoncements au Milliput, ce dernier étant travaillé dans le frais avec un pinceau pour leur donner un look légèrement froissé (photo 11). Il sera aussi nécessaire d’améliorer les excroissances des ailettes qui se trouvent directement sous la tuyère:  leurs formes sont un peu grossières sur le kit Dragon; on s’inspirera de celles d’un kit de A4/V2 (Special Armour au 1/72 ou Revell au 1/35 par exemple) pour améliorer cela.  Ces excroissances seront peintes en rouge. 


La peinture du bas du booster est bien entendu plus compliquée et nécessite pas mal de masquage. Il faudra bien faire attention de masquer les bonnes parties afin d’obtenir le schéma exact; de nouveau le plan de montage Horizon Models s'avère très utile et une attention particulière aux fameux numéros des ailettes sera demandée pour éviter les erreurs! Des marquages de servitude sont aussi visibles sur cette partie de la fusée, et il faudra trouver le nécessaire dans la boîte à rabiots  


La plus longue section du booster, constituée de trois pièces, se monte sans trop de soucis. Elle manque tout de même de détails. On peut commencer par une gravure des différents ‘panneaux‘ (ou plutôt ‘cylindres’) du booster (ici aussi, le plan de montage du kit Horizon Models est fort utile). Vers le haut du booster, au niveau du damier allongé, se trouvent aussi plusieurs “panneaux d'accès“ qui pourraient être gravés; la planche de décals d' Horizon Models, dont la photo est aussi disponible sur le net, les propose sous cette forme, mais ils sont absents de la planche Dragon. La partie inférieure de cette section du booster peut voir s’ajouter nombre de rivets (voir le plan de montage Horizon Models) et une fois peinte en blanc, certains marquges de servitude manquants eux aussi de la planche Dragon (voir le plan de montage Horizon Models pour plus d’infos!).  C’est à ce moment que l’on se rend compte que les damiers fournis en un seul décal par Dragon ne sont pas corrects!  Le design de Dragon consiste en une série 12 bandes (chacune comprenant deux carrés et un long rectangle) alors que sur le vrai engin, l’on dénombre 16 bandes!  Comment et pourquoi une telle erreur de Dragon?!  Après prises de mesures et quelques calculs, il s'avère que 8 rectangles noirs de 39 x 5 mm et 16 carrés de 5 x 5 mm découpés dans une feuille de décal noire remplaceront avantageusement les damiers de Dragon.  Bien entendu, c’est un peu fastidieux et attention à bien placer ces fameux damiers au bon endroit en tenant compte de nos repères 0, 90, 180 et 270 degrés. Bon, soyons francs, l’utilisation des damiers erronés de Dragon aurait pu passer inaperçue pour la grande majorité des juges de concours de maquettisme de la planète si la décal en question n’avait pas, en plus, 1,5mm de trop en largeur totale, la rendant totalement inutile..  Manquants aussi sur les damiers, de fines lignes de couleur aluminium et un petit rectangle rouge leur seront ajoutés, en provenance de restes de décals d’autres kits.



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Sous le damier inférieur, Dragon a aussi oublié d’imprimer une fine bande noire qu’il faudra représenter en peinture ou en décal.  Enfin, tout en haut de cette section du booster, Dragon a moulé la partie inférieure de la capsule Mercury, son bouclier plus précisément, sur lequel il faudra peindre en rouge une fine bande ainsi qu’une plus large bande noire directement sous la rouge.



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On peut alors passer à l'assemblage des quatre éléments principaux en tenant bien compte de nos repères 0, 90, 180 et 270 degrés. Afin d’assurer la solidité de l‘ensemble, un tube de diamètre juste inférieur de celui de la fusée est inséré entre les deux éléments inférieurs.  Le bout du tunnel est en vue! Il nous reste a ajouter quelques détails comme ces fines protubérances jaunes au niveau du long damier, et surtout, les trois carénages protégant les points d’attache du bouclier de protection à la capsule proprement dite. Ceux-ci ne sont pas representés sur le kit Dragon, mais sont bien visibles sur les photos du fait de leur fini noir tranchant sur la fine bande rouge ceinturant le bouclier. Ils sont faits à partir d’un tube en plastique d’un diamètre plus grand que celui du bouclier; deux fines excroissances blanches pointant vers le bas complètent chaque carénage.



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Dragon propose un stand circulaire pour cette fusée (deux autres stands plus petits dont l’usage m’est inconnu sont inclus dans le kit; ils pourront s’avérer être utile pour d’autres projets). Il serait possible de représenter la fusée sur son stand de lancement, un stand de A4/V2 quelque peu modifié, placé sur une aire bétonnée, et flanqué de rails; le stand de tir est visible sur un bon nombre de films d’époque et existe toujours à Cape Kennedy. Les deux fines ‘perches‘ supportant le câblage nécessaire à la fusée Redstone, fixées (semble-t-il) au stand ‘type A4/V2‘ seront elles plus difficiles à représenter, car peu visibles sur les documents d’époque (et absentes en Floride).



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En conclusion,

une maquette assez approximative de Dragon mais qui m’a apporté beaucoup de plaisir et m’a permis d’apprendre beaucoup de choses intéressantes sur le programme Mercury. Un kit qui pourrait aisément être fini en un week-end, mais qui réserve quelques surprises aux maquettistes désireux de s’approcher au plus près de la réalité.  

Dominique Jadoul